Retour sur la conférence co-organisée par Noé et wpd France

 

L’association Noé et le développeur éolien et photovoltaïque wpd France ont organisé ce mardi 20 octobre à l’Académie du Climat, à Paris, une conférence consacrée au développement des énergies renouvelables et à la préservation de la biodiversité réunissant chercheurs et spécialistes.

Face aux crises conjointes du changement climatique et de l’érosion de la biodiversité, la production de connaissances permettant d’articuler transition énergétique et conservation du vivant constitue un enjeu majeur.

Si le développement des énergies renouvelables est indispensable à la décarbonation de nos sociétés, nombreuses sont encore les questions qui demeurent ouvertes quant à leurs interactions avec les écosystèmes. Pour y répondre, cet évènement a réuni chercheurs, spécialistes de la biodiversité, association environnementale, acteurs institutionnels et acteurs de la transition énergétique afin de partager l’état des connaissances, confronter les retours d’expérience et discuter des priorités de recherche sur ces enjeux.

Table ronde : Energies renouvelables et territoires, peut-on concevoir des projets en favorisant la biodiversité ?

Animée par Hélène Leriche, responsable de la Chaire Génie Civil Écologique, la table ronde a réuni Tifenn Pedron, Chargée de projets à l’Office pour les insectes et leur environnement (OPIE), Raphaël Gros, Professeur en écologie et conservation des sols, Aix-Marseille Université (AMU), Nicolas Hette Tronquart, Chargé de mission recherche à l’Office français de la biodiversité (OFB) et Damien Adam, Directeur expertise et stratégie au Syndicat des énergies renouvelables (SER).

Damien Adam, Directeur expertise et stratégie au Syndicat des énergies renouvelables : « C’est important pour qu’un projet soit accepté par les riverains, par le territoire, qu’il respecte la biodiversité. Nous devons être transparent sur notre démarche et les résultats. »

Tifenn Pedron, Chargée de projets à l’Office pour les insectes et leur environnement : « A l’échelle d’un territoire, prendre en compte les pollinisateurs servira l’agriculture locale. La plupart des projets d’énergie renouvelable se développent dans des zones rurales. On peut vraiment amener une plus-value. L’opportunité pour les projets d’énergie renouvelable d’intégrer les pollinisateurs sera d’impulser des dynamiques locales pour rencontrer d’autres acteurs des territoires (agriculteurs, associations). »

Le bilan du partenariat entre Noé et wpd consacré à la protection des pollinisateurs, après quatre années d’étude

A l’appui de cette réflexion, Noé et wpd ont présenté un cas concret : le programme d’étude conduit pendant quatre ans consacrés aux pollinisateurs sauvages sur 11 sites éoliens et photovoltaïques en France*. Cette démarche a permis d’observer les interactions entre ces infrastructures et certaines espèces d’insectes pollinisateurs, tout en évaluant l’intérêt de différentes pratiques de gestion des habitats.

Présentation du Manifeste : des pistes de réflexion pour une transition énergétique alliée des pollinisateurs sauvages

Cet évènement était également l’occasion de présenter la sortie du manifeste co-rédigé par Noé et wpd « Pour une transition énergétique alliée des pollinisateurs sauvages ». Ce manifeste lance un appel à un programme national de recherche et d’innovation pour faire progresser les connaissances et les pratiques. En effet, les suivis des pollinisateurs sauvages sur les sites éoliens et photovoltaïques engagés ouvrent des pistes, mais plusieurs questions restent à approfondir : comment mesurer les effets sur le long terme ? Quelles pratiques sont les plus efficaces selon les contextes ? Comment partager les résultats et déployer les solutions pertinentes à plus grande échelle ?

 

*Le protocole de suivi des pollinisateurs sauvages a été déployé sur 11 sites éoliens et photovoltaïques de wpd afin d’évaluer :

  • L’efficacité de la création de milieux prairiaux attractifs dans les territoires éoliens ;
  • L’impact des panneaux photovoltaïques, des prairies fleuries et d’une gestion adaptée dans les parcs solaires.